Overview effect : J’ai testé la méditation bleue.

Overview effect : J’ai testé la méditation bleue.

Il y a quelques semaine, sur Facebook, j’ai vu un événement appelé : “Méditation bleue – ciné méditation”. La description de l’event parlait d’une séance de cinéma où l’on médite devant des images de la Terre. Je pensais qu’il s’agissait d’un film. Fortement intéressée par l’espace je n’ai pas eu envie de rater ces belles images. Ravie d’avoir trouvé un moyen de sensibiliser mon petit ami à la méditation, je suis parvenue à le motiver. Une fois sur place je découvre qu’il s’agit en fait de nous faire vivre – ou du moins d’essayer – l’overview effect. Un phénomène que je savais bien connu des astronautes.

C’est quoi l’overview effect  ?

En français on peut le traduire par “l’effet de la vue d’ensemble”. C’est un choc cognitif, une prise de conscience que vivrait les astronautes dans l’espace lorsqu’ils voient la terre de loin dans sa totalité. Il serait un des éléments qui a permis le développement de l’hypothèse de Gaïa*, et aurait eu une influence sur l’écologisme.

Au delà de l’émerveillement que procure la vision de notre belle Terre, il nous vient une prise de conscience du “TOUT EST UN”. Nous sommes un système où tous les éléments interconnectés forment un tout.  Et donc de fait, si nous appartenons à ce Tout, nous avons des responsabilités. Il s’agit bien là de développer notre conscience planétaire et notre humanisme.

Nous voici donc arrivés au théâtre du Lucernaire où je rejoins mon amie Aurore de bonheuraunaturel. Nous sommes installés dans une petite salle de cinéma. C’est Claire Gautier, la fondatrice de GetYogi qui est à l’initiative de cette séance. Elle nous présente l’overview effect que je connaissais déjà. En revanche elle aborde un point qui me montre encore une fois comment toutes les pratiques du monde sont interconnectées et visent toutes à l’Unité à travers la quête de sens. Elle explique que lorsque Edgar Mitchell, astronaute de la mission Appolo 8 revient sur Terre, il recherche ce qu’il a vécu dans la sciences, les religions, etc. Mais il ne trouve rien pour l’expliquer. Un jour des universitaires lui révèlent qu’il a vécu ce qu’on appelle “Samadhi”. Il s’agit d’un des piliers de la philosophie Yoga : un état de suprême conscience.

Pour nous aussi ressentir cet état d’Union, elle nous invite à méditer devant les dernières images qui nous sont parvenues de la Terre. Il faut savoir que pendant 40 ans nous n’avons eu qu’une seule photo de la Terre dans son ensemble : Blue Marble. Le projet Blue Turn a été lancé en 1998 pour obtenir d’autres images. Nous en disposons maintenant de nouvelles depuis le 6 juillet 2015.

 

 

C’est le soir, pour certain nous sortons du travail. Claire nous fait donc faire quelques mouvements simples de yoga et des respirations complètes pour relâcher de cette journée et nous détendre. Un bon moyen d’être disponible pour la contemplation.

Puis la méditation guidée commence. Après un body scan (on se concentre sur chacune des partie de notre corps), elle nous fait progressivement “sortir de notre enveloppe corporelle” pour sortir du cinéma, survoler la rue, puis la ville, puis le pays, et comme cela jusqu’à rejoindre l’espace. (Une technique que j’aime énormément et que j’utilise beaucoup en auto-hypnose.)

Une fois dans l’espace, dos à la terre, elle nous demande de nous retourner et d’ouvrir les yeux. Devant nous, sur l’écran de cinéma, notre planète. Nous la contemplons pendant de longues minutes. Lors de cette expérience je suis bouleversée par différentes réflexions :

– Je suis d’abord très émue et je ne peux pas l’expliquer. Cela ne me surprend pas car de façon naturelle, je m’émeus très facilement.

– De là où je suis je peux voir tous les hommes qui peuplent la Terre. En ce moment même certains se font la Guerre (la méditation a eu lieu le jour où les médias parlaient de l’évacuation des derniers civils d’Alep en Syrie.). Mais nos chamailleries ne sont rien. C’est tellement ridicule de nous perdre dans un dessein si petit quand on voit l’immensité de la Terre. Quand on regarde la terre, il n’y a pas de frontières. Nous avons mis des séparations là où il n’y en a pas. Nous nous sommes appropriés la planète comme si elle nous appartenait, sans le moindre respect. Sans prendre conscience que la Terre c’est nous. Nous ne sommes que des éléments matières de ce Grand Tout. D’ailleurs la Terre est composée de la même proportion d’eau que nous…

– Et puis je m’aperçois combien cette petite boule bleue est petite. On dirait un petit œuf. Elle flotte dans une immensité noire. Même si je sais que la matière est composée de 99,9999% de vide et qu’il est rempli d’informations, ce grand espace noir où la terre semble perdue, n’est pas sans me bousculer. Je ne sais pas si c’est de l’angoisse, mais ce n’est pas un sentiment agréable.


Et puis soudainement, il me vient comme l’impression que nous ne sommes pas seuls.

 

 

En sortant de cette méditation :

Je ne me sens pas mieux. Je ne me sens pas plus responsable. Peut être parce que j’avais déjà développé une certaine conscience planétaire.

Je suis plutôt perturbée. Perdue devant cette conscience de l’inutilité de “l’ego”. Cet ego qui a modelé nos façons de vivre. Cet ego que nous avons mis au sommet de tout. 

Sortir de cette méditation a été une souffrance. Revenir au “monde” est véritablement douloureux. Je n’ai pas envie de m’arracher à cette état d’union. Quand on comprend que nous ne sommes que des morceaux d’énergie/de conscience qui font partie d’une énergie/conscience plus grande…pourquoi vouloir revenir ? Je voudrai plutôt me mélanger à cette énergie. Me mélanger à l’eau de l’océan, à l’eau du ciel, aux nuages, aux plumes des oiseaux, aux grains de sable de nos plages, au bois des arbres.

C’est ce mélange qui advient avec la mort. Lorsqu’en vieillissant l’eau de notre corps nous quitte progressivement pour rejoindre la Terre. Et que le reste devient sable. Devient poussière.

Même si d’une certaine façon je dédramatise ainsi la mort. Je reste tout de même mal à l’aise en sortant du cinéma. Parce que je dois retrouver une certaine “réalité”. Celle que nous avons construit pour organiser nos “sociétés”.

Sur le chemin du retour, dans le métro avec mon conjoint nous partageons nos ressentis. Même s’il a trouvé cela beau, il n’a pas eu de réflexions existentielles. Nous en sommes arrivés à discuter de notre façon respective de voir le Monde. Si de mon côtés je me pose beaucoup de questions autour du “pourquoi l’homme s’est-il matérialisé ? dans quel but ?…etc.”, de son côté mon conjoint est plus proche de la Terre, de l’action.

Un bel équilibre entre nous. Une métaphore de notre couple nous vient à l’esprit : Un enfant qui tient un ballon. Si Guillaume est l’enfant qui retient le ballon pour l’empêcher de s’envoler trop haut. Je suis pour ma part le ballon qui lui permet de regarder vers le ciel pour le contempler et jouir de sa beauté.

Tout est pour le mieux. Tout est équilibre. Ce qui est pris ici est rendu là bas.

Nous sommes comme des vagues qui faisons partie d’un immense océan.

Mais ça c’est une autre discussion, que nous aurons dans un prochain article sur la nouvelle psychologie.

 

En vous souhaitant une belle journée ou nuitée.

Bien à vous avec tendresse,

Clélia.

 

Un docu sur le sujet : 

Pour ceux qui aimerait aprofondir le sujet, le concept a été décrit et nommé dans le livre “The overview Effect – Space Exploration and Human Evolution  de Franck White”. Je ne l’ai pas lu.

LE SITE DE L’OVERVIEW INSTITUTE

Vous pouvez tenter l’expérience avec Claire ici.

 

*Définition wikipédia :
L’hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique controversée, initialement avancée par l’écoloque anglais James Lovelock en 1970, mais également évoquée par d’autres scientifiques avant lui, selon laquelle la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années en harmonie avec la vie ».

L’ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste superorganisme — appelé « Gaïa », d’après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre — réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphèrequi aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.”

 

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Cet article a 3 commentaires

  1. Bonjour Clélia,

    Je découvre ton blog via le forum de la blogshool, où je viens de me présenter après déjà plusieurs mois de participation… :-/
    Ton article est beau, profond et conscient. Il m’a fait du bien (surtout la première video!) et fais découvrir une nouvelle méthode de méditation.

    Après une licence de géographie, spécialité environnement, j’ai suivi un master en gestion des éco-systèmes et des milieux naturels. J’ai, de nature une forte sensibilité au monde qui m’entoure, et par ces études passionnantes, pu acquérir de nombreuses connaissances. C’est naturellement (sans vouloir faire de jeux de mots ^^) que je tiens un blog lifestyle éco-friendly, dans le but de partager, sensibiliser, oser prétendre à donner des pistes. SI cela t’intéresse http://www.mesideesnaturelles.fr

    Félicitations pour ton blog
    A plus tard,
    Adeline

    1. Bonjour Adeline,

      Waouh…
      Je te remercie beaucoup beaucoup pour ce si joli commentaire ! Il m’encourage à continuer (tu dois savoir que c’est important quand on débute son blog 😉 MERCI !
      Je suis allée voir ton blog moi aussi. J’adore ton identité visuelle ! Tes photos aussi sont très chouettes !
      Au plaisir de se croiser dans un commentaire, sur blogschool, ou ailleurs 😉

      Belle journée,
      Clélia

  2. Quelle magnifique expérience, j’espère pouvoir la vivre aussi face à ces images. La méditation est une pratique qui m’a fait ressentir ce Tout, cette Union, ce cosmos. Cela étend notre conscience du monde et de nous même. Merci pour cet article !

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